Sunday, Jun. 25, 2017

Jeune Ballet du CNSMD de Lyon – Spectacle 2017

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29 mai 2017

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Les élèves du Jeune ballet danse classique et contemporaine du CNSMD de Lyon clôturent traditionnellement  la saison de la Maison de la Danse par leur spectacle de fin d'année. Pour ces élèves de quatrième année, il s'agit de partager une dernière fois la scène ensemble avant de démarrer leur vie professionnelle. L'édition 2017 a été marquée par la création d'Abou Lagraa, lui-même ancien élève du CNSMD de Lyon, qui a construit pour ces jeunes danseurs et danseuses une pièce sur mesure.

La promotion 2016-2017 du Jeune Ballet du CNSMD de Lyon

Créer une pièce pour des élèves des classes de danse n'a rien d'évident : il faut à la fois créer une unité, une pièce qui se tient, et permettre à chacun de montrer sa personnalité et d'exister en scène. Abou Lagraa, passé par la formation danse du CNSMD de Lyon, réussit le pari. Bach two Bach, sa création pour les élèves, prend un exercice de style classique : une danse abstraite sur la musique de Bach où alternent solos, duos et ensembles. D'emblée, la danse se fait acérée, ancrée au sol et aux émotions, percutantes. Aux élèves ensuite de se l'approprier, de faire la danse sienne, de montrer ce qu'il.elle est en scène. Les 12 étudiant.e.s relèvent à leur tour le défi pour un beau moment de danse, à la fois d'union (la complicité entre eux.elles se ressent) et de solistes. Plus que par les moments seuls en scène, c'est dans les duos que les apprenti.e.s danseur.se.s s'expriment, avec une très belle construction sur le pas de deux contemporain et le porté. Chacun y porte une ambiance, une façon d'être en scène, une écoute de l'autre. Les duos font ainsi émerger une certaine tension, puis plus de douceur, avant de se dire adieux. Au bout de 25 minutes, la mission est accomplie : il y a là l'impression d'avoir une belle danse portée par 12 personnalités marquées. Et une pièce qui mériterait de continuer à vivre par d'autres promotions ou une compagnie. 

La deuxième pièce pour le Jeune ballet contemporain permet moins cette mise en avant des danseur.se.s. And-or Wave de Pierre Pontvianne, là encore une création, porte plus sur le travail du groupe, sans forcément chercher à faire ressortir une personnalité. De visu tout d'abord : tout se fait pratiquement tout le temps en clair-obscur. Le groupe incarne ici une masse mouvante, comme une vague. La matière chorégraphique circule de corps en corps, se transforment, prend de la force, évolue. L'ensemble a une certaine puissance, la danse se fait tellurique, la tension se crée. Mais il reste plus difficile pour les élèves de sortir du lot, ce n'est d'ailleurs pas forcément ce qui est demandé, et c'est un peu frustrant. Cinq élèves ont aussi dansé en début de programme D'elles, créé par une élève du CNSMD de Lyon, Alexandra Blondeau. Marquée par le harcèlement que subissent les filles, l'apprentie chorégraphe réunit sur scène cinq jeunes femmes qui racontent dans leur langue un douloureux souvenir. On ne peut que saluer toute forme de dénonciation du harcèlement de rue. Mais sur le fond chorégraphique, la pièce laisse sur sa faim. D'une part parce que cette forme de la confidence est trop vue et revue. D'autre part parce que la danse en elle-même y a finalement peu de place. Reste cinq fortes personnalités en scène, dont l'impressionnante Louise Gourvellec qui mange la scène à chacun de ses pas. 

Bach two Bach d'Abou Lagraa.

Le jeune ballet danse classique est moins mis en avant. Par le nombre d'abord, ils ne sont que quatre (dont un absent car en professionnalisation au Ballet de l'Opéra de Lyon) ; par ce qu'on leur donne à danser ensuite, qui ne leur permet pas vraiment de montrer leur technique. Accompagné.e.s d'un camarade de danse contemporaine, les trois élèves présent.e.s interprètent tout d'abord Mozart à 2 de Thierry Malandain. Le chorégraphe est un incontournable des spectacles de jeunes ballets et l'on comprend pourquoi : sa danse est à la fois affûtée, musicale, expressive et laissant une certaine liberté à l'interprète. La pièce met d'ailleurs en scène deux couples, ce qui permet à chacun.e d'avoir une place claire en scène. Très bien dirigé.e.s, les apprenti.e.s danseur.se.s montrent un très joli sens de la musicalité et un certain abandon dans la façon de se créer un personnage, une histoire, une tension dramatique.

Mais si la danse néo-classique de Thierry Malandain aime les belles lignes travaillées, elle ne permet pas - en tout cas dans cette pièce - de montrer tout son savoir-faire technique, et notamment les pointes pour les filles. Et ce n'est pas la deuxième pièce - la création Traverser le visible de Harris Gkekas - qui y remédie. Certes, les danseuses sont sur pointes. Mais plus pour la forme que véritablement pour la danse. Là encore dans un clair-obscur, la chorégraphie alterne les poses, les petits moments, sans véritable tension dramaturgique ni réflexion sur le mouvement. Sans même prendre en compte l'aspect technique, tout ça semble un peu vain. Alors il y a bien quelques piqués, quelques portés, quelques arabesques, mais les choses ne vont pas vraiment plus loin. La question se pose d'autant plus sur ce choix que c'est par ce spectacle que les élèves passent leur Diplôme de Danseur.se.s. Certes, l'aspect scénique est indispensable dans leur formation - ils sont avant tout des artistes et pas des bêtes à concours. Mais comment arriver à juger de leur parcours et aboutissement si, à aucun moment, ils ne peuvent montrer leur technique et leur connaissance du répertoire classique. 

D'elles d'Alexandra Blondeau

 

Promotion 2017 du Jeune Ballet du CNSMD de Lyon à la Maison de la Danse. D'elles d'Alexandra Blondeau avec Salomé Belin, Lucia Gervasoni, Louise Gourvellec, Léna Pinon-Lang et Julie Richalet ; Mozart à 2 de Thierry Malandain avec Alexandre Nadra, Etienne Sarti, Lara Villegas et Yingmei Zhao ; And-or Wave de Pierre Pontvianne avec Jazz Barbé, Salomé Belin, Alexandra Blondeau, Pavel Danko, Lucia Gervasoni, Louise Gourvellec, Théo Marion-Wuillemin, Alexandre Nadra, Clément Olivier, Manon Payet, Léna Pinon-Lang et Julie Richalet ; Traverser le visible de Harris Gkekas avec Jazz Barbé, Etienne Sarti, Lara Villegas et Yingmei Zhao ; Bach two Bach d'Abou Lagraa avec Jazz Barbé, Salomé Belin, Alexandra Blondeau, Pavel Danko, Lucia Gervasoni, Louise Gourvellec, Théo Marion-Wuillemin, Alexandre Nadra, Clément Olivier, Manon Payet, Léna Pinon-Langn Julie Richalet et Lara Vilegas. Mercredi 24 mai 2017.

 

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Amélie Bertrand

(1) commentaire

  1. Anaëlle Mrt
    29 mai 2017 at 20 h 52 min

    Bonsoir ! Je voulais simplement apporter un complément d'information à votre article : les danseurs classiques et contemporains du cnsm passent en 3e année leur certificat d'études supérieurs ; c'est à cet examen que les étudiants classiques sont jugées sur des pièces du répertoire classique, avec variations imposées, variations libres, pas de deux, presentation de classe... et au jeune ballet, ils passent leur certificat d'interprétation.

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