La Meilleure danse : saison 2 épisode 5

La Meilleure Danse souffre décidément de son passage sur W9 et de sa longue coupure de trois semaines. Les secondes 1/4 de finale n'ont rassemblé mardi soir que 720.000 personnes. Dommage, car le niveau reste bon, et la soirée sympathique.

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Les Twitteuses danse aussi ont quelque peu perdu la flamme. Seule Danse-Opéra était à son poste pour scrupuleusement commenter l'émission sur Twitter. Même, pour des questions d'emploi du temps, je ne suis arrivée qu'à 22h30 devant mon poste (juste à temps pour le passage de Phlippe Solano). Allez, on se remotive pour les deux dernières soirées ! La demie-finale aura lieu la semaine prochaine, et la finale le mardi 12 juin.

En attendant, place au résumé de la deuxième 1/4 de finale. La VOD a cela de bien que l'on peut zapper à loisir les inintéressants portraits des candidats, l'émission devient tout de suite bien plus agréable. 

1er duel : les Glamcat's (cabaret contemporain) vs Joanna et Jérémy (danse latine). Le tour de magie en thème imposé.

Difficile de choisir pour ce premier duel ! J'ai bien aimé les deux prestations. Les Glamcat's jouent à fond la carte du sexy (Redha et Franco Dragone étaient visiblement sous le charme), mais ça ne m'a pas gêné, car les trois filles jouent vraiment un rôle. Elles ne sont pas sexy pour être sexy. Et elles ont une sacrée technique aussi.

Je trouve également intéressante la façon dont Joanna et Jérémy arrivent à complètement changer le contexte des danses latines. Le couple a dansé sur Ghostbuster, et c'est vrai que ça rendait plutôt pas mal. Après, il y avait quelques hésitations dans leurs pas, un manque de fluidité dans les portés, alors que les Glamcat's paraissaient bien plus sûres d'elle pour tout ce qui était technique. Les filles sont donc gardées, logiquement.


2e duel : les Diablesses (jazz) vs Morganne et Nicolas (rock acrobatique). La musique classique en thème imposé.

Morganne et Nicolas ont largement dominé ce duel. Ce que fait ce couple est absolument bluffant, des vainqueurs en puissance. Leur travail avec la musique, une polka de Strauss, était de plus très intéressant. Ils ont véritablement adapté leur danse à la musique, au tempo, aux temps forts et faibles. L'une des plus belles prestations de la soirée.

A côté, les Diablesses n"ont pas démérité, mais elles n'ont pas fait le poids. Malgré leur envie, on sentait trop que leur chorégraphie manquait de travail. Mais mention spéciale à Marie-Agnès Gillot, pour son mini-cours de piétinés sur demi-pointe donné au gamines visiblement ravies. Et il faudrait aussi dire à celui ou celle qui a choisi la musique que ce n'est pas parce qu'un morceau comprend des violons qu'il s'agit de musique classique.



3e duel : Vagabond Crew (hip ho) vs Boukanstyles (afro-coupé décalé). L'obscurité en thème imposé. 

Un peu bizarre comme thème... Les deux groupes ont dû faire la même chose, à savoir s'habiller avec des touches de fluo pour que l'on voit leurs pas... ou qu'on les devine plutôt. C'était assez flagrant avec les Vagabond Crew, leur chorégraphie envoyait beaucoup plus une fois qu'ils l'ont refaite la lumière allumée. Et c'est vrai que ce groupe est impressionnant, très fort techniquement, beaucoup de chouettes mouvements de groupe. Les Boukanstyles étaient sympathiques, mais la différence de niveau était trop forte pour induire un suspens, unanimité du jury pour les Vagabond Crew.



4e duel : Ingrid (flamenco) vs Tatiana et Grichka (contemporain). Objet roulant en thème imposé.

Il n'y avait pas là non plus de grand suspens à chercher, tellement le duo Tatiana et Grichka a dominé. J'aime énormément leur travail. Ce n'est pas forcément très impressionnant, à faire des portés pas possible ou à aller très vite. Mais tout est réfléchit, placé, pensé. C'est de la belle danse (et ils ont choisi la musique du film Pina au passage). Tatiana a une magnifique présence, plus que son frère je trouve, mais ils arrivent à faire un beau duo tout de même. Il était très intéressant de voir comment Franco Dragone, une fois de plus, a amélioré leur chorégraphie en quelques gestes. Le duo a utilisé une grosse malle roulante, qui sert à ranger les instruments de musique, mais il n'y avait pas vraiment d'histoire. En ajoutant juste un contexte et un regard au début, ça prenait tout un sens.

Ingrid a côté n'a pas fait le poids. Outre le fait que faire pleurer dans les chaumières me fatigue, elle manquait d'une certaine technique. Dommage, car son début, où elle se détachait sur un fond rouge, était bien pensé.



5e duel : Yanis et Andrea (street jazz) vs Urban Trip (Afro fusion). Le car wash en thème imposé.

Voilà deux sympathiques prestations, qui ne révolutionnent pas la danse, mais remplies d'énergie, et très bien exécutées. J'ai redécouvert Yanis et Andrea, une fois qu'ils sont descendus de leurs talons, c'est super bien ce qu'ils font. J'ai beaucoup aimé leur chorégraphie, très synchro, technique, et pas dénuée d'humour. Les Urban Trip avaient aussi une joie de danser communicative, mais mon choix a tout de même suivi le jury, à savoir les deux garçons.



6e duel : Philippe (danse classique) vs Lazaro (moderne). Les portes en thème imposé. 

Évidemment, Philippe était déjà gagnant pour moi. Il a réalisé un déluge de technique pour sa variation, toujours super bien exécutée. Mais ce n'est pas forcément un chorégraphe dans l'âme, et on tombe un peu dans la démonstration plutôt que dans une véritable petite histoire. J'espère qu'il pourra refaire une variation du répertoire pour la suite, il risque de se répéter un peu sinon.

Lazaro a eu du mal à faire le poids, là encore. Il a dansé une variation plutôt néo-classique, donc pas forcément très différente de celle de Philippe. Techniquement, le fossé n'en était que plus grand. Très personnellement, ce danseur a aussi du mal à me toucher, je trouve toujours qu'il en fait un peu trop.



Les rattrapages

Etant plutôt d'accord avec le jury, je n'avais pas de candidat à vouloir absolument sauver lors de ces rattrapages. Alors les Boukanstyles, bon, pourquoi pas.

Parmi les prestation remarquées, j'ai beaucoup aimé celle d'Ingrid. je ne sais pas si c'est parce qu'elle avais ses pointes et que suis si facilement influençable sur ces détails, mais j'ai trouvé que la chorégraphie la mettait bien plus en valeur techniquement, et qu'elle pouvait plus librement s'exprimer. 

J'ai aussi beaucoup aimé la prestation des Diablesses, qui semblaient bien plus à l'aise dans ce passage, peut-être travaillé depuis plus longtemps. Voilà en tout cas des petites filles qui n'ont pas froid aux yeux, qui envoient, et qui travaillent dur visiblement, vu leur technique et leur synchronisation bien en place. Bravo à leur professeure au passage, qui sait leur créer des chorégraphies sur mesure, sans jamais les transformer en lolita. Des filles de 11 ans qui dansent comme des filles d 11 ans, ça fait du bien. C'est d'ailleurs dommage  que les seuls enfants sélectionnés pour les demies-finales soient Maxence et Flavy, le couple de rock over-sexualisé.


Ce 1/4 de finale était en tout cas d'un très bon niveau, avec dans les rangs plusieurs finalisables, voir même des potentiellement gagnants. Les deux derniers prime devraient être relevés.


Philippe Solano : “Je veux montrer ce qu’est vraiment la danse classique”

La Meilleure Danse, émission de danse diffusée sur W9, compte pour sa deuxième saison un danseur classique parmi les candidats, Philippe Solano. Après un premier tour où il se fait remarquer avec une variation de Don Quichotte, place au ¼ de finale, diffusées le mardi 29 mai. A quelques heures de l’émission, rencontre autour de son aventure dans le programme et de sa jeune carrière de danseur, qui l’a déjà fait beaucoup voyagé.

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Comment a démarré l’aventure La Meilleure Danse ?

J’étais en Géorgie, là où je dansais depuis 1 an ½,, pendant les premiers casting. C’est ma sœur qui a vu ça sur Internet. Elle m’a demandé si je voulais le faire. Au début, je ne pouvais pas trop partir. Puis je suis rentré en contact avec la production, on a fixé une date où je pouvais venir en France pour passer l’audition. J’ai été sélectionné, et je suis rentré de Géorgie.

Tu avais pu regarder la première saison ?

Non, comme j’étais à l’étranger, je n’avais pas pu voir la première saison. Je ne savais même pas que ça existait ! C’est ma sœur qui a envoyé des vidéos de moi.

En tant que danseur classique, tu n’avais pas peur de faire une émission de télévision, où ce style de danse est très peu représenté ?

J’avais un peu d’appréhension, mais j’ai fait confiance à ma sœur. Au début, je n’avais pas vraiment envie de faire une émission, je pensais plus à ma carrière qu’à la télévision.

Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ? 

Deux choses. D’abord, je me suis dit que c’était l’occasion de montrer ce qu’était vraiment la danse classique à un public plus vaste que les gens qui viennent à l’Opéra. Et puis je savais qu’il y avait Marie-Agnès Gillot. Elle pouvait aider pour expliquer aux gens ce que je faisais. Lors de mon premier passage, j’ai dansé Don Quichotte, il fallait expliqué le ballet. 

C’est toi qui a choisi cette variation pour le premier prime ?

Oui ! Je voulais vraiment faire du classique, c’est comme ça que je me suis présenté au casting. J’ai quand même eu peur de toucher un peu au répertoire. Il fallait vraiment bien le passer, c’est une variation connue par tous les danseurs. Une variation libre, si on se plante, ça ne se voit pas, personne ne la connaît, on l’arrange un peu à notre sauce. J’ai eu un peu peur, mais je me suis dis qu’il fallait que je montre en premier quelque chose de classique.

Tu n’avais pas peur de te lancer dans du pur classique, face à un public qui ne s’y connaît pas forcément ?

Mon style est classique, mais j’ai essayé de présenter des variations impressionnantes, assez show. Ce n’est pas de la danse classique comme les gens l‘imaginent. J’ai voulu montrer des variations qui envoient, que les gens se disent : “Wahou, la danse classique, ce n’est pas ce qu’on croit”.

Comment s’est organisé ce premier duel ?

Je me suis présenté aux candidats en disant que j’étais soliste au Ballet de Géorgie pendant 2 ans. Cela a dû leur faire un peu peur, car quand Stéphane Rotenberg a demandé qui voulait se présenter contre moi, personne ne s’est manifesté. C’était donc à moi de choisir, et j’ai pris le groupe de french cancan, les Magma Show.

Pourquoi ce choix ?

C’était stratégique. Je voulais d‘abord être contre un groupe. Et je ne voulais pas affronter du hip hop, parce que je sais comment c’est dans les émissions. Le public, celui qui ne s’y connaît pas trop en danse, préfère le hip hop, des groupes qui bougent. C’est vraiment le style de danse qui faisait peur à tous les candidats. Je savais que le public ne s’y connaissait pas forcément en french cancan. Il faut quand même toucher le public, pas uniquement le jury.

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Vous aviez eu beaucoup de temps pour répéter ?

On a eu une seule répétition, sans caméra. Après, il fallait qu’on y aille et tourner la séquence, directement.

Les conditions n’étaient pas trop difficiles pour danser une variation du répertoire

Le sol était très dur, ce n’était pas du tout fait pour de la danse classique. La production m’a mis du tapis de scène exprès pour que je ne glisse pas. ils ont fait le nécessaire pour que je fasse au mieux. Après, pour le sol dur, ils ne peuvent rien y faire.

Et pour la grandeur de la salle ? Un plateau TV est plus petit qu’une scène...

J’ai essayé de faire un peu moins grand, de prendre un peu moins d’élan pour atterrir sur scène et pas dans le public ! J’aurais pu aller plus loin, mais j’ai fait le maximum pour ce que je pouvais faire sur ce plateau. C’était un peu frustrant. C’est toujours impressionnant quand on voit quelqu’un sauter ou voyager autant. Et c’est vrai que je voulais surtout toucher Marie-Agnès Gillot la première fois. Elle savait bien que j’avais fait le maximum pour ce plateau. Elle, elle comprenait, c’était ça le plus important. J’avais quand même pris de la place, je n’étais pas trop restreint.

Tu étais content de toi après ce passage ?

Je n’étais pas déçu, mais pas hyper content non plus. J’aurais pu faire mieux ! Dans la danse classique, on se remet en question tout le temps. On est plus en compétition contre nous-même pour progresser, que contre les autres. J’étais comme ça durant l’émission. Je voulais aller le plus loin possible. Après, on pense tous à gagner. Tous les danseurs sont compétiteurs dans l’âme, sinon on se fait bouffer par le milieu.

Comment a régi le jury ?

Marie-Agnès Gillot, je pense que ça a dû l’étonner de voir une variation classique dans l’émission. A mon avis, elle ne s’y attendait pas, et ça lui a fait plaisir de voir quelqu’un présenter de la danse classique. Entre elle et moi, on pouvait parler un langage que tout le monde ne comprend pas. Il y avait beaucoup d’échanges entre nous.  Elle m’a corrigé sur deux-trois petits détails, pour je montre au public que je peux aller vite dans la correction. Franco Dragone a d’ailleurs été étonné de ça. Je pense que lui et Redha ont été impressionnés. Marie-Agnès Gillot, elle été contente, ça lui a plu, mais elle voit souvent ce genre de variations, et par des danseurs Etoile de l’Opéra de Paris, elle a l’habitude.

Tu as eu l’occasion de parler avec le jury après votre passage ?

Pas spécialement pendant le tournage, on passait, on pouvait se croiser dans les couloirs, mais on ne pouvait pas trop les voir. Plus tard, j’ai pu leur parler. Redha m’a dit qu’il allait en Géorgie faire quelque chose pour une chanteuse là-bas. Il m’a dit qu’il partait trois mois, je lui ai souhaité bonne chance ! Lui et Marie-Agnès Gillot sont très amicaux, Franco Dragone parle moins.

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Après la diffusion du premier prime, tu as reçu beaucoup de message d’encouragement ?

Pleins ! Et ça m’a fait très plaisir. Je prends le temps de répondre à tout le monde, il n’y a pas une personne que me contacte auquel je ne réponds pas. Après mon premier passage, j’ai eu un nombre de messages incroyables. Je ne m’y attendais pas. J’étais en contrat en Espagne, je travaillais tout le temps, j’ai pris quatre jours pour répondre à tout le monde. Il y a une petite fille qui m’a dit avoir découvert la danse classique avec moi, et avoir maintenant envie de prendre des cours.

Tu as eu aussi des messages de danseurs et danseuses professionnel-le-s ?

J’ai eu des amis danseurs, que je n’avais pas revu depuis longtemps. On se connaît tous, ou presque, dans ce milieu. ils ont dit que j’avais été impressionnant. Tout le monde m’a dit que j’avais bien démontré ce que c’était la danse classique, en espérant que j’aille loin. Cela fait plaisir d’avoir des nouvelles de gens qu’on a connu il y a longtemps.

Il y a aussi des filles qui font de la GRS et qui m’ont vu danser, elles savent la difficulté que c’est, des danseurs hip hop qui ont adoré ma prestation... La danse classique, ça peut être aimé par tout le monde.

Les ¼ de finale sont diffusées le 29 mai, qu’est-ce que tu as préparé ? 

Encore une fois, personne n’a voulu m’affronter. Celui ou celle que je choisissais devait ensuite se décider le thème imposé. J’ai fait un choix stratégique, j’ai pris quelqu’un un peu dans dans le même style que moi, pour qu’il prenne un thème qui pourraient me convenir. J’avais quatre jour pour créer la variation. Quand on est en groupe ou en duo, c’est beaucoup plus difficile, tout seul, ça va très vite. J’ai fini en une journée, j’ai pu répéter les trois autres jours.

Qu’as-tu pensé de ta prestation ?

Cette fois-ci, j’étais vraiment content de moi. Marie-Agnès Gillot m’a dit des choses qui me restent encore en mémoire, ça m’a beaucoup touché. Souvent, je me remets en question même si on me dit que c’est bien. Là, je me suis vraiment dit “Whaou”. Techniquement en tout cas.

Quel était l’ambiance entre les candidat-e-s pendant les tournages ?

Je me suis attaché à quelques candidats, comme Ingrid (néo-classique flamenco). On reste en contact, c’est vraiment devenu une très bonne amie. Haspop aussi, c’est quelqu’un de très gentil. Il m’a dit des choses qui m’ont beaucoup touché. Il ne connaît pas la danse classique, mais quand il m’a vu répéter, il m’a dit que je méritait de gagner, que ce que je faisais était tellement dur, que ça n’avait rien à voir avec les autres candidats.

Après, pendant le tournage, je parlais avec tout le monde, je ne me prenais pas trop la tête avec la compétition. Je faisais mon truc surtout contre moi. Il y avait des candidat-e-s un peu plus prétentieux, très peu. Ceux-là, on ne les calcule pas, ce n’est pas grave.

Que penses-tu du concept de l’émission La Meilleure Danse ?

D’abord sélectionner, c’est bien. Sur les 42 candidats, il y a beaucoup de professionnels. On est tous d’un assez bon niveau. Je suis à l’opéra, il y a des gens champions du monde de leur discipline, ça montre bien la diversité de la danse, même si on reste sur du show.

Ensuite, c’est vrai que je trouve les émission un peu longues parfois, mais il y a beaucoup de talents. Après, je trouve que certains candidats n’ont pas beaucoup poussé sur la difficulté. J’ai toujours essayé de pousser la technique au maximum, il y a en qui passent un peu plus facilement avec des choses plus simples, c’est parfois un peu frustrant.

Cette année, une partie du public dans la salle peut voter pour repêcher un ou une candidat-e-. Qu’en penses-tu ?

C’est n’importe quoi ! Ce n’est pas du tout un public connaisseur de danse.

Mais au final, un danseur ou une danseuse se présente toujours devant un public...

Pour un concours, il faut les meilleurs de l’émission, c’est à un jury de professionnels de décider. Après, le public a le choix de choisir son gagnant parmi les huit derniers. Quand le public choisit, ce n’est pas forcément le plus méritant qui va gagner. Ce n’est pas juste pour des candidats qui méritaient d’aller plus loin, et qui s’arrêtent à cause de gens qui ne s’y connaissent pas beaucoup en danse. John et Manu auraient dû être rattrapé aux premières ¼ de finale, ce qu’ils ont fait au rattrapage était vraiment très très bien... Mais c’est normal que le public ait quelque chose à dire, c’est pour eux que l’on danse.

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Quels sont les candidats qui t’ont impressionné ?

J’ai beaucoup aimé Soria et Mehdi. Ils font des choses très difficiles. C’est la difficulté de la danse que je regarde le plus, tandis que le public réagit plus au show.

Pourquoi le hip hop est toujours favori de ce type d’émission ?

Le hip hop a plus de capacité pour passer à la télévision. C’est un truc qui entraîne le public, et c’est ce que recherche la production. Le hip hop, c’est hyper dur. Mais ça fait plus show TV que quelque chose de propre. Je suis hyper pointilleux sur les petits détails. En hip hop, on ne va pas voir les petits détails. Un danseur classique, s’il s’y connaît, il va voir devant sa télévision que je n’ai pas pointé le pied à un moment. Je dois être très pointu dans tout. le hip hop est moins pointu. Si quelqu’un se casse la figure, cela va moins se voir que si moi, je me plante. Je ne dis pas que c’est plus facile, mais il peuvent se rattraper plus facilement. Moi, j’ai la pression, il ne faut pas que je me plante.

Tu conseillerais cette émission à des amis danseurs ?

Oui. Présentez-vous pour que l’on puisse continuer à montrer ce qu’est la danse classique, la difficulté, et faire en sorte que les gens mettent la danse classique au même niveau que des styles plus télévisuels. Je leur dis juste de faire attention à leur corps, vu la scène. Mai c’est une bonne aventure, une bonne possibilité de montrer ce qu’on est.

Revenons sur ton parcours : à quel âge as-tu commencé la danse ?

J’ai commencé à 4 ans, par la danse moderne et contemporaine, à Grasse. A 15 ans, je suis passé en horaire aménagé, je n’avais jamais fait de danse classique. J’ai voulu m’y mettre parce qu’on m’a expliqué que c’était la base de tout. Si je danse du classique, je peux danser toutes les danses. En classique, on travaille le centre de notre corps, on travaille beaucoup dans la retenue. Après, on est aussi capable de se lâcher. J’ai eu mon bac à 17 ans, puis je suis parti dans la compagnie pré-professionnelle Europa Danse.

Comment as-tu réussi à rattraper le niveau en seulement trois ans de danse classique ?

La professeure que j’ai eu à Grasse m’a beaucoup poussé. En trois ans, elle a réussi à faire de moi quelqu’un d’assez bien pour entrer dans une compagnie. C’est une professeure exceptionnelle, même si, si on n’est pas motivé, on ne peut rien faire. Mais moi, j’étais motivé et elle me poussait toujours plus. C’est ce qui a fait que j’ai réussi. Au début, je pouvais tout juste passer deux pirouettes, ça me fait rire quand le gens disent que c’est naturel. Vous ne savez pas ce que j’ai vécu, j’ai travaillé comme un dingue pour être en-dehors, pour sauter, pour tourner.

Comment s’est déroulé ton expérience chez Europa danse ?

J’ai fait six mois de tournée en Europe. On était avec des jeunes de 17 à 21 ans, dans un groupe entre une école et une compagnie. On montait beaucoup sur scène, c’était génial pour l’expérience scénique. Puis je suis allé six mois au Ballet de l’Opéra de Bordeaux, où j’ai dansé dans Roméo et Juliette, Le Lac des Cygnes et une soirée russe.

La même année, tu tentes également le YAGP. Comment cela s’est-t-il passé ?

C’était en avril 2010. J’ai été sélectionné parmi 300 participants pour la finale à New York, et j’ai fini dans le top 12 des finalistes, sur les 5.000 participants au départ. J’avais 19 ans et je suis parti tout seul une semaine à New York. J’ai reçu deux bourses, une pour un stage d’été à la San Francisco Ballet School, une pour le Jacob's Pillow, qui est un peu comme le Monaco Dance Forum.

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Tu as eu des propositions au Jacob's Pillow ?

J’ai eu une proposition de contrat pour le Washington Ballet. Puis Nina Ananiashvili, la directrice du Ballet de Géorgie, est venue. Elle m’a proposé tout de suite de rentrer dans sa compagnie directement en tant que soliste, alors que je n’avais jamais eu l’expérience d’une compagnie. Quand on entend “soliste”, on se dit “Whaou”.

Comment s’est passé cette expérience ?

Dès que je suis arrivé, en septembre 2010, j’ai dansé des rôles comme Tarantella, La Fête des fleur à Genzano, des rôles de solistes. J’ai pu danser pleins de choses, j’ai fait beaucoup de tournées, à New York, en Asie... Cette expérience m’a beaucoup apporté, c’est ce qui m’a fait le plus progresser.

Humainement, c’était un peu plus difficile apparemment...

Il y avait des danseurs qui étaient là-bas depuis dix ans, et moi j’arrive et j’ai tous les rôles... Dans la compagnie, on ne m’a donc pas bien aimé tout de suite. Et puis je suis resté presque deux ans sans voir personne, sans voir ma famille. Il n’y a pas de vacances là-bas, il n’y a pas de jour pour Noël ou pour le Nouvel An, j’ai passé ces deux fêtes tout seul. La mentalité aussi est très différente. Tout le monde reste en famille, même si tu as des amis, tu ne les vois donc pas forcément en dehors. C’est assez dur. J’ai eu beaucoup de douleurs morales et physiques. J’étais fatigué, et toujours tout seul quand je rentrais le soir.

Comment as-tu tenu le coup ?

Avec tous les rôles que l’on me donnait, je me disais que ça pouvait m’ouvrir des portes pour de plus grandes compagnies. Après, tout est dans le mental. Je n’avais plus de vie sociale, je travaillais tout le temps. Même quand je ne travaillais pas, je pensais au travail parce que je n’avais rien d‘autre à faire. Plus tard, j’ai dansé le pas de trois du Lac des Cygnes, le pas de six de Giselle, j’ai même dansé le Prince dans Casse-Noisette ! Nina Ananiashvili m’a donné l’opportunité de faire pleins de choses, et c’est pour ça que je suis resté. C’est grâce au niveau que j’ai acquis que j’ai pu entrer au Barcelona Ballet d’Angel Corella.

Pourquoi as-tu décidé de partir de Géorgie au bout d’un an ½ ?

J’avais un peu peur de partir. Je rompais un contrat de soliste et je n’avais rien, je n’avais pas eu le temps d’aller auditionner ailleurs, j’étais tout le temps en Géorgie. Mais presque deux ans sans vie sociale, alors que l’on est jeune, on se dit que l’on est en train de gâcher sa vie. Même si l’on fait ce que l’on aime, il n’y a pas que la danse dans la vie.

Comment s’est passé ta venue au Barcelona Ballet , en février 2012 ?

J’avais imposé au Ballet de Géorgie d’avoir dix jours de vacances pour le Nouvel An. Ils m’ont finalement demandé de rentrer plus tôt, comme je devais danser le rôle principal d’un ballet. Mais j’avais eu le temps de passer une audition à Barcelone, pour le Barcelona Ballet. Angel Corella m’a pris tout de suite. Je suis retourné en Géorgie pour prendre mes affaires, j’ai dis à Nina Ananiashvili que je ne pouvais plus, et j’ai dit au revoir. J’ai beaucoup réfléchi, je lui ai écrit une lettre pour la remercier, je lui ai parlé. Je voulais rester en bons termes avec elle, mais c’est assez dur de rester en bons termes avec les directeurs des compagnies, ils ne comprennent pas forcément pourquoi on veut partir.

Que recherchais-tu artistiquement en allant au Barcelona Ballet ?

Je ne pouvais pas rester toute ma vie en Géorgie, et j’avais envie de faire autre chose. J’avais dansé tous les rôles que je pouvais dans cette compagnie. La troupe a plein de ballets classiques et néo-classiques, mais par rapport à ma taille, plutôt petite, je ne pouvais pas non plus danser les grands rôles, parce qu’il n’y avait pas de filles qui me correspondaient au niveau de la taille. J’ai fait le maximum que je pouvais. Cette expérience ne pouvait rien m’apporter de plus, à part refaire la même chose, donc j’ai pris le risque.

Comment s’est passé ton travail avec le Barcelona Ballet ?

La première fois que j’ai dansé avec le Barcelona Ballet, c’était en février 2012, et j’ai dansé dans Le Lac des Cygnes. Puis ils m’ont rappelé pour la tournée de trois semaines aux États-Unis. On a fait New-York, Detroit, Houston... On a dansé plein de ballets, ça m’apportait vraiment quelque chose. C’était des ballets que je n’avais pas dansé, comme du néo-classique, du Wheeldon. Angel Corella reprenait souvent des ballets qu’il avait fait avec l’American Ballet Theatre. Et puis c’est une personne formidable, incroyable. On a eu une conversation qui m’a beaucoup touché.

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Que penses-tu de cette compagnie ?

C’est une petite compagnie, il y a 30 danseurs et danseuses, mais ce sont tous des bombes ! Par rapport à certains, moi, je ne suis rien. Il faut voir le niveau, c’est incroyable. Dans la danse classique, il faut toujours quelqu’un qui te pousse. Je n’ai que 21 ans. Quand je voyais les Principals de cette compagnie danser, le niveau qu’ils avaient à 26 ans, je me disais que moi aussi il fallait que j’arrive à ça, il fallait que je me donne un an pour arriver à ça. Je veux aller dans une compagnie où je trouve des danseurs plus forts que moi, sinon ça ne m’intéresse pas. Ce n’est pas ça qui va te pousser plus haut.

Je me suis vraiment dit c’était ma compagnie. En plus, il y a pas mal de danseuses petites de taille, donc je pouvais plus facilement travailler avec elles. Je suis resté avec eux 1 mois ½. Cette compagnie, il n’y en a pas beaucoup comme ça dans le monde, c’est triste ce qui leur arrive (ndlr : le Barcelona Ballet connaît de grosses difficultés financières, comme expliqué dans le dernier Petit bilan d’actu).

Tu as finalement signé un contrat avec le Ballet du Capitole pour la prochaine saison. Comment c’est arrivé ?

Je n’avais qu’un contrat ponctuel avec le Barcelona Ballet, et je savais qu’il me fallait quelque chose de fixe. Je ne pouvais pas me retrouver à la case départ. J’ai passé des auditions, j’ai fait celle du Ballet du Capitole pendant le tournage de La Meilleure danse, j’ai juste fait l’aller-retour. J’ai aussi tenté la compagnie de Victor Ullat à Madrid. J’avais fait un détour dans cette ville avant de rentrer à Nice, j’y suis allé juste pour prendre un cours. Après la leçon, on m’a proposé un contrat. Mais ça ne m’intéressait pas trop, j’ai envie de faire du classique alors que je suis encore jeune.

Pourquoi as-tu choisi le Ballet du Capitole, qui n’a pas forcément une saison ultra-classique l’année prochaine ? 

En gros, il y a trois grandes compagnies en France : le Ballet de l’Opéra de Paris tout en haut, puis le Ballet de l’Opéra de Bordeaux et le Ballet du Capitole. Je n’avais plus envie de retourner à Bordeaux, donc j’ai tenté Toulouse. Je sais qu’il y a un bon niveau, même si je n'ai jamais vu la troupe danser.

Passer de soliste à corps de ballet, ça ne va pas être difficile ?

Je ferais tout pour monter rapidement !

Tu n’a jamais voulu tenter le Ballet de l’Opéra de Paris ?

Si, mais je me suis dit qu’ils ne me prendront jamais. Je ne suis pas forcément physiquement grand de taille, je pense que je ne conviens pas trop à cette compagnie. L’Opéra de Paris, j’adore, mais c’est sûr que je resterais derrière toute ma vie. Peut-être que je tenterais un jour...

Quelle serait la compagnie de tes rêves ?

Le San Francisco Ballet est toujours mon rêve. Mais pour l’instant, je ne me sens pas trop de retourner loin. Cela fait quatre ans que je n’arrête pas de bouger, j’ai envie de rester un peu en France.

La Meilleure Danse, tous les mardis à 20h50 sur W9.


Saison 2012-2013 : le Ballet de l'Opéra de Bordeaux

Après le Ballet du Capitole, restons dans le sud de la France pour découvrir la saison 2012-2013 du Ballet de Bordeaux.

Charles Jude continue de valoriser le répertoire en proposant une programmation essentiellement classique. La saison danse reste toutefois équilibrée, avec quelques compagnies invitées plutôt centrées sur le contemporain. 

Commet à son habitude, le Ballet de Bordeaux ne donnera que quatre séries à la maison dans toute sa saison, mais avec à chaque fois un bon nombre de dates. La compagnie sera aussi en tournée, avec plusieurs dates prévues en France, en Espagne et au Maroc. J'espère que Paris sera dans l'agenda, cette troupe propose en tout cas une saison 2012-2013 qui me fait envie à plus d'un titre.


Le Ballet de l'Opéra de Bordeaux


Giselle

Chorégraphie et mise en scène de Charles Jude, d’après Jean Coralli et Jules Perrot.

Du 26 octobre au 4 novembre 2012, huit représentations.

Orchestre National Bordeaux Aquitaine, direction musicale Paul connelly.

Ahh Giselle, ses tutus romantiques, les Willis, l'amour, la folie et la mort. C'est un ballet dont je ne me lasse pas. Un classique à voir au moins une fois.

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La Belle au bois dormant

Chorégraphie et mise en scène de Charles Jude, d’après Marius Petipa.

Du 14 au 31 décembre 2012, 14 représentations.

Orchestre National Bordeaux Aquitaine, direction musicale Nathan Fifield.

La Belle au bois dormant, cela fait longtemps que le public parisien l'attend. En 2012, il faudra aller à Bordeaux pour la voir. Autre grand ballet classique, voilà un spectacle exigeant, qui nécessite, outre un très bon couple principal, de nombreux solistes. Une bonne occasion de voir la troupe dans toute son excellence, et un beau spectacle pour les fêtes.

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Soirée quatre tendances

Quatre ballets : Il est de certains cœurs... d'Itzik Galili (création mondiale), Tam-tam et Percussion de Félix Blaska, Petite Mort de Jirí Kylián et Parfois une hirondelle de Claude Brumachon (création mondiale). 

Du 16 au 25 mars 2013, huit représentations.

Voilà la soirée contemporaine de la troupe. Je ne peux pas dire grand chose des deux créations mondiales, ne connaissant pas les chorégraphes. La deuxième, Parfois une hirondelle, sera dansée sur du Beethoven, il y aura au moins une belle musique à écouter (quoique, comme aucun orchestre n'étant indiqué, je pense que cette soirée se fera sur des musiques enregistrées). Je suis très septique sur Tam-tam et Percussion, ce ballet vu sur une vidéo des années 1980 m'a paru affreusement démodé. Reste Petite Mort de Jirí Kylián, une petite merveille.

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Coppélia

Chorégraphie et mise en scène de Charles Jude.

Du 27 juin au 4 juillet, neuf représentations.

Orchestre National Bordeaux Aquitaine, direction musicale Ermanno Florio.

Coppélia, encore un ballet qui a traversé les âges. Cette version, qui sent bon les 50's et les robes à la Mad Men, s'inspire tout particulièrement de l'âge d'or des comédies musicales américaines. Je ne connais pas cette version, mais les photos font plutôt envie.

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A noter pour les habitant-e-s de la région, plusieurs rencontres, dont certaines pour les enfants, sont organisées autour de chaque série. Saluons également la politique tarifaire sympathique de l'Opéra de Bordeaux. La place la plus chère pour voir un ballet coûte 40 euros, et de nombreuses réductions sont proposées pour les moins de 26 ans. Aucune raison donc de se priver.



Les compagnies invitées


L.A. Dance Project

Ballet de Benjamin Millepied rendant hommage au compositeur John Cage, dont on célèbre le centenaire.

Du 20 au 21 novembre 2012, deux représentations au Pin Galant de Mérignac.

La L.A. Dance Project sera la compagnie à suivre de la saison 2012-2013. Après avoir créé pour de nombreuses compagnies, Benjamin Millepied a monté sa propre troupe cette année, et devrait parcourir le monde avec durant les mois à venir (dont à Paris en avril). Un spectacle qui sera scruté par les amateurs et amatrices de danse. Les ballets de Benjamin Millepied sont en général dans un style néo-classique très accessible et agréable, à défaut peut-être de révolutionner la danse.



Grupo Corpo

Deux ballets : Parabelo et Sem Mim, chorégraphie de Rodrigo Pederneiras.

Le 4 décembre 2012, une représentation au Théâtre Olympia d'Arcachon.

Grupo Corpo est une compagnie de danse contemporaine, venue du Brésil. Si je n'ai jamais eu l'occasion de voir l'un de leur spectacle sur scène, les avis sont en général enthousiastes, comme celui d'A petits pas qui a vu la troupe en 2010. "Au-delà de son évident savoir-faire technique, cette troupe a véritablement incarné ce soir la joie de danser".



Compagnie Rosas

Deux ballets : En Atendant et Cesena d'Anne Teresa De Keersmaeker.

Du 11 au 12 janvier 2013, au Grand Théâtre de Bordeaux.

Figure emblématique de la danse contemporaine d'aujourd'hui, Anne Teresa De Keersmaeker propose une œuvre forte, mais pas forcément facile d'accès. Sa dernière création Cesena, présentée au Théâtre de la Ville il y a quelques semaines, a reçu un accueil plutôt froid, et de la part du public et de celui de la presse.

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Le Poème harmonique

Le carnaval baroque de Vincent Dumestre.

Le vendredi 29 mars2013, une représentation au Théâtre Olympia d'Arcachon.

Troupe baroque inconnue au bataillon, alors je vous recopie le petit résumé. "Hérité des fêtes païennes précédant le Carême, le carnaval vénitien était au XVIIe siècle une sorte d’exutoire. De cet univers de liesse, de faste et d’extravagance, Le Carnaval Baroque s’inspire. Avec cette frénésie nourrie de théâtre visuel, d’acrobaties,  de chaconne, danse, mime, Commedia dell’arte…"



Compagnie Sankai Juku

Tobari, comme dans un flux inépuisable de Sankai Juku.

Du 23 au 25 avril 2013, trois représentations au Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine.

Là encore, compagnie et chorégraphe inconnues pour moi. "Héritier du Bûto, Ushio Amagatsu propose avec sa compagnie Sankai Juku — exclusivement
masculine —, une danse organique, précise, aux origines du monde où la sauvagerie et la grâce se côtoient dans une poésie infinie. Avec Tobari, il chorégraphie l’épure et l’apaisement sur le thème du passage du jour à la nuit ou du voile séparant deux espaces où évoluent, sur une des sonorités variées, les huit corps poudrés et rasés".


Toute la programmation - opéra, concert, danse - est à retrouver sur le site officiel de l'Opéra National de Bordeaux.


Et vous, qu'est-ce qui vous tente dans ce programme ?


Le petit bilan d'actu, S05 EP30

Cette semaine, revenons sur le palmarès des Benois de la Danse 2012, prenons des nouvelles de La Fille mal gardée, de Polina Semionova ou du ballet d'Ángel Corella en danger, sans oublier la revue de presse et l'agenda.

COTE ACTU

- Les Benois de la Danse 2012

Un peu de chauvinisme pour commencer, ça ne fait pas de mal. Mathias Heymann a reçu le Benois de la Danse 2012 de l'interprète masculin, pour son rôle de Zaël dans La Source. Cette récompense a dû faire plaisir au danseur Etoile, qui a vécu une saison difficile. Alors que ses prestations avaient enthousiasmé le public, il s'est en effet blessé au bout de quelques représentations du ballet, et n'a plus dansé de l'année.

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Le grand gagnant de cette cérémonie reste le ballet Liliom de John Neumeier, qui a remporté le Benois de l'interprète féminine (Alina Cojocaru) de l'interprète masculin ex æquo avec mathias Heymann (Carsten Jung) et de la meilleure musique (signée Michel Legrand). Un troisième Français a été récompensé, à savoir Pierre Lacotte pour l'ensemble de sa carrière. Tous les détails sur les Benois de la Danse 2012 sont à retrouver sur le site officiel de la cérémonie

- Des nouvelles de La Fille Mal Gardée

Les pré-distributions de La Fille mal gardée ont été officialisées cette semaine. Et il faut bien le dire, c'est un peu une déception. En général, ce ballet est l'occasion de lancer de jeunes solistes dans le grand bain. Pour 2012, il n'y a pas vraiment de surprise. Ludmila Pagliero, blessée, ne fera finalement pas sa prise de rôle dans Lise. Mélanie Hurel y sera pour sa part, et Florent Magnenet dans Colas. On a connu plus excitant.

Une bonne surprise cependant a été annoncée, avec la titularisation de François Alu dans le rôle de d'Alain. Plus que de la virtuosité pure, ce rôle de caractère demande un vrai sens de l'humour et une certaine finesse, je suis très curieuse de voir ce qu'en fera le jeune Coryphée. Les distributions dates par dates ne sont pas encore tombées, à trois semaines de la première, on commence à s'y habituer. 

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- Polina Semionova à New York

Il y a quelques mois, Polina Semionova avait annoncé sur sa page Facebook son départ du Ballet de Berlin, dont elle était l'une des stars. Où donc irait l'une des étoiles les plus brillantes du moment ? Le Théâtre des Champs-Elysées l'avait annoncé comme venant du Ballet de Munich, lors de sa présentation de sa saison 2012-2013. Il n'en est rien finalement. Sans surprise, Polina Semionova rejoint en effet l'American Ballet Theatre, compagnie qui s'est constituée une véritable pléiade de stars internationales dans ses étoiles. La danseuse y était d'ailleurs régulièrement invitée depuis quelques années. Espérons que ça ne l'empêchera pas de revenir en Europe, cette danseuse est tout simplement formidable.

- Le Barcelona Ballet en danger

Le Corella Ballet, seule compagnie de danse classique en Espagne, et dirigée par l'Etoile de l'ABT Ángel Corella, est au plus mal. Il y a quelques mois, la compagnie s'est appelée Barcelona Ballet, et devait s'installer dans la ville de Catalogne. Mais les subventions promises ne sont pas venues, et la troupe serait en danger. Terpsichore a Barcelona, une blogueuse française installée là-bas, résume cette situation alarmante, en donnant quelques liens vers des articles de presse pour les hispanophones. La culture, l'une des premières victimes de la crise... 


COTE MEDIA

- Marie-Agnès Gillot à Perm

Quand Marie-Agnès Gillot n'est pas sur la scène du Palais Garnier ou sur le plateau de La Meilleure Danse, elle est au Festival Diaghilev de Perm, pour danser le rôle de Zarema dans La Fontaine de Bakhchissaraï. Quelques photos et vidéos de sa prestation ont été mises en ligne. A lire également, sur Dansomanie, la traduction en russe de l'interview que Marie-Agnès Gillot a donné à l'occasion. Elle y parle de ce rôle de Zarema, mais aussi de sa carrière, perpétuellement entre classique et contemporain, et de sa création à venir Sous apparence

 - Kabuki par le Tokyo Ballet

Le Tokyo Ballet est reparti au Japon, après quelques représentations au Palais Garnier du Kabuki de Maurice Béjart. Les avis de la presse restent quelque peu mitigés. ResMusica y a vu un "réel raffinement dans la mise en scène, avec un sens de l’esthétisme indéniable", mais regrette que "la sauce ne prenne pas intégralement, surtout durant la première partie du ballet". Pour AltaMusica, c'est l'interprète principal qui a fait défaut, jugeant que Naoki Takagishi manquait de "beaucoup de qualités charismatiques et même physiques pour faire éclater le rôle de Oboshi Yuarnosuke". Quant à ConcertClassic, si le ballet lui a globalement plu, le site est déçu par la troupe, qui a fait preuve selon lui de "quelques défaillances techniques, aussi bien dans le placé des danseurs que dans leurs sauts et pirouettes".

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- En vrac

L'Express revient sur une récente condamnation de l'Opéra de Paris pour harcèlement moral. Le journal explique l'affaire, qui a été jugée cette semaine (l'Opéra va faire appel de la décision), et des autres cas du même genre qui ont entaché la réputation de l'institution depuis 10 ans. D'autres plaintes auraient été déposées. Un mauvais point pour Nicolas Joël, qui devra bientôt défendre son renouvellement à la tête de l'établissement devant la nouvelle ministre de la Culture. 

Sur un ton (beaucoup) plis léger, Maison à part dévoile une série de fauteuils estampillés "Opéra de Paris", pour redécorer votre salon façon Palais Garnier. Les Echos revienennt sur le retour en force des comédies musicales dans la publicité, tandis que le Vogue Italien a publié un beau diaporama, ainsi qu'une courte interview, de Svetlana Zakharova


COTE AGENDA

- Sur scène

C'est calme cette semaine sur Paris... à tel point que je n'ai trouvé qu'un spectacle de danse, à savoir A louer de Peeping Tom, au Théâtre de la Ville du 29 mai au 2 juin. Le pitch ? Plutôt abstrait : "Brouillant le fil du temps entre hier et demain, entre réalité et cauchemar, les huit performeurs libèrent, en une gestuelle souple et noueuse, toujours virtuose et inventive, l’ineffable de nos vertiges intimes face à la perte". Pour quelques chose de peut-être un peu plus accessible, n'hésitez pas pour vous laisser tenter par l'opérette La Vie parisienne, dès le 1er juin au Théâtre de Paris, un vrai petit régal déjà évoqué la semaine dernière.

Pour un peu de danse classique, ne manquez pas non plus les galas des danseurs et danseuses de l'Opéra de Paris. il y en aura quatre rien que le week-end prochain : le groupe de Karl Paquette au Théâtre de Saint-Maur le 3 juin, un autre groupe au Centre culturel de Fumel (Lot-et-Garonne) le 2 juin, et le groupe Gala d'étoiles le 2 juin au Théâtre-Casino Barrière de Bordeaux, le 3 à celui de Toulouse.

- Il est temps de réserver

Le Ballet de Lorraine sera au Théâtre de la Ville pour la fin de saison, avec La Création du monde 1923-2012. Les réservations démarrent le 30 mai. A ne pas oublier non plus, Philippe Decouflé qui sera à la Grande Hall de La Villette dès le 6 juin avec Panorama, les représentations commencent à se remplir.  


COTE BLOG

La semaine prochaine sur Danses avec la plume, on reparle un peu plus sérieusement de La Meilleure Danse, avec mardi une interview de Philippe Solano, le candidat classique, et mercredi le résumé (ou live-tweet) du prime, où ce dernier participera. Pour les review, il y aura celui d'A louer de Peeping Tom, les certificats d'interprétation du CNSMDP, et dans un registre plus léger celui du musical La revanche d'une blonde. Entre tout ça, j'aimerais bien aussi revenir sur les saisons 2012-2013 du Ballet de Bordeaux et du Théâtre de la Ville, intéressantes à plus d'un titre... Ce qui nous fait donc 8 articles, soit beaucoup trop pour une semaine de sept jours, il va de nouveau falloir choisir... Bonne semaine tout le monde !


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