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[Photos] Retour sur Cendrillon de Rudolf Noureev par le Ballet de l’Opéra de Paris

Le Ballet de l’Opéra de Paris a passé les Fêtes à l’Opéra de Bastille avec Cendrillon de Rudolf Noureev, du 26 novembre au 2 janvier. Une série qui a été marquée, entre autres, par les adieux de Karl Paquette.

Retour en images sur les différentes distributions de cette série de Cendrillon

 

Quelques mots d’abord en général sur cette série de Cendrillon : clairement, il s’agissait de la reprise de trop. Production plutôt amusante mais chorégraphie trop pauvre pour être décemment redonnée sans de sérieuses retouches, cette Cendrillon a montré bien trop de faiblesses. Mais de belles distributions, dans les premiers comme les nombreux seconds rôles, ont tout de même permis de passer de belles soirées. Il n’a malheureusement pas été possible pour la rédaction de voir toutes les distributions, voici les regards croisés sur celles que nous avons vues. N’hésitez pas à nous donner votre avis sur les autres ! 

Dorothée Gilbert et Hugo Marchand ont ouvert le bal, et l’on ne pouvait rêver mieux pour une première. Elle est une princesse née même en habit de souillon, lui est le Prince idéal. Et tous les deux s’entendent sur scène à merveille, faisant des pas de deux de vrais moments de bonheur. Autre joli couple : François Alu et Silvia Saint-Martin. Affublé d’une perruque Ken pour l’occasion, le premier a montré qu’il est peut-être aujourd’hui le meilleur danseur Noureevien de la compagnie, malgré un physique qui n’est pas le plus typique Opéra de Paris. La chorégraphie est emberlificotée comme jamais mais François Alu arrive néanmoins à la rendre merveilleusement facile. Silvia Saint-Martin est une jolie surprise. Elle propose une belle danse – un haut du corps vivant, un bas de jambe précis – et une aura de princesse dès les premiers instants, la mettant sans forcer au centre de l’intrigue. Dans le jeu, si l’on connaît déjà le superbe sens théâtral de François Alu qui n’a encore une fois pas fait défaut, Silvia Saint-Martin ne s’est pas laissée intimider et a proposé une Cendrillon adorable et crédible, dont on a envie de suivre le destin. Voilà une demi-soliste qui n’a pas volé sa chance. 

Cendrillon de Rudolf Noureev – Dorothée Gilbert et Hugo Marchand

Avec son expérience, Karl Paquette propose un Acteur-Vedette aux notes parfois de Producteur : plutôt protecteur et bienveillant que jeune fougueux bondissant. Une lecture qu’il rend crédible par son sens du jeu et son investissement total dans son personnage – décidément une Étoile jusqu’au dernier soir. Valentine Colasante n’a pas à rougir techniquement de sa Cendrillon. Mais la ballerine apparaît un peu trop terre-à-terre pour être crédible dans ce rôle de chrysalide devenant papillon. Il manquait ce mystère et cette lumière qui font les personnages de conte de fées. 

Parmi les seconds rôles, Ludmila Pagliero et Dorothée Gilbert emportent haut la main la palme des deux Soeurs ! Proprement déchaînées, vraiment drôles, elles ont montré en scène une belle complicité et un talent comique qui emportent tout sur leur passage. Et montrant aussi que ces deux rôles sont très difficiles techniquement comme sur le plan du jeu et ne peuvent convenir à tout le monde. Le duo Valentine Colasante/Émilie Cozeette a eu ainsi un peu plus de mal à exister, formé il est vrai à la va-vite suite à des blessures. La complicité était encore balbutiante lors de deuxième représentation et Émilie Cozette a montré parfois une technique un peu trop fragile pour ce rôle, l’empêchant de vraiment jouer à fond le jeu du faussement mal dansé. Dans le rôle de la Marâtre, Aurélien Houette s’importe de plus en plus comme la référence dans ces personnages pastiches, montrant beaucoup d’humour et d’auto-dérision, avec la juste mesure pour en faire trop tout en proposant un vrai personnage. 

Le Producteur a aussi eu droit à de belles surprises. François Alu y trouve une nouvelle fois un rôle à la mesure de ses talents d’acteur, jouant un Producteur paternaliste envers ses comédien.ne.s sans être méchant, et portant complètement le premier acte. Fidèle au poste, Alessio Carbone n’a plus forcément l’abattage technique de son collègue, mais il offre lui aussi un personnage marquant et haut en couleurs. Dans une autre veine, Jérémy-Loup Quer est plutôt allé chercher le côté gouailleur du Producteur, presque canaille, un peu cartoon par moments, et tout cela collait plutôt bien à la production. Un beau retour en scène d’un Sujet que l’on ne doit pas oublier. Dans le rôle du Professeur de danse enfin, Paul Marque a montré une fois de plus ses grands progrès cette année, à la fois brillant techniquement et présent dans le jeu (ce qui n’était pas sa qualité première), sachant jouer sur l’humour et dessinant les traits d’un personnage amusant. Plus timide, Pablo Legasa n’a cependant pas gâché sa chance, montrant une fois de plus une danse magnifique qui mériterait d’être mieux mise en avant. 




 

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