Thursday, Jul. 2, 2020

Paroles de danseuses (dé)confinées : Lou Beyne, Marion Gautier de Charnacé et Octavie Escure

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18 mai 2020

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Après deux mois de confinement, comment se portent les danseuses et danseurs ? Certains n'ont encore aucune visibilité sur leur reprise. D'autres au contraire préparent leur rentrée en studio, avec des protocoles sanitaires parfois drastiques. Comment vivent-ils cette période si étrange ? Comment s'entraînent-ils ? Comment imaginent-ils le retour en studio, de nouvelles façons de créer ? Chaque semaine, DALP laisse la parole à deux trois personnalités du monde chorégraphique, d'une compagnie française ou non, en CDI ou en free-lance.

Cette semaine, place à Lou Beyne (danseuse aux Ballets de Monte-Carlo), Marion Gautier de Charnacé (danseuse au Shechter II, en année sabbatique du Ballet de l’Opéra de Paris) et Octavie Escure (danseuse, professeure de danse, créatrice du Fit’Ballet)

 

Lou Beyne - Danseuse aux Ballets de Monte-Carlo

Propos recueillis par Amélie Bertrand

La rentrée

Le mercredi 13 mai, nous avons eu une réunion tous ensemble avec Jean-Christophe Maillot. Nous étions tous masqués, nous avons respecté les distances, nous nous sommes placés dans le studio avec un marquage au sol. Nous avons tous eu un test sérologique… Et tout le monde a été négatif. Pourtant, la compagnie était en tournée à Milan en pleine épidémie. Cette rentrée était très excitante et très frustrante. C’était spécial de voir tous ces gens qu’on adore et de se retrouver à 55 d’un coup alors que l’on a été seule pendant deux mois. On avait tous envie de se prendre dans les bras ! Mais nous avons respecté les distances.

Jean-Christophe Maillot nous a expliqué le planning, qui se déroule avec le consentement des danseurs et danseuses. Nous allons reprendre doucement, cinq par cinq dans le studio en nous organisant entre nous. Il y aura trois heures d’aération entre chaque passage et une désinfection des locaux. Nous pouvons aussi réserver un studio, seul ou par deux, et en profiter comme nous voulons. Chacun aura un programme adapté, il n’y aura pas de cours complet mais plutôt du pilates, du yoga, de la musculation pour les danseurs, des cours de pointes pour les danseuses, la pointe étant très importante pour Jean-Christophe Maillot. Il y aura toujours des sessions par Zoom également. Je pense que, pendant le cours, nous aurons des masques, même si c’est quasiment impossible de danser avec. Cela va à peu près pour la barre mais le reste est très compliqué. J’ai parlé avec quelques amis danseurs qui sont rentrés, et pour les masques c’est l’horreur, ils n’y arrivent pas du tout.

Le 25 mai, normalement, si tout se passe bien et qu’il n’y a pas de deuxième vague, nous rentrons vraiment avec de véritables cours, à voir avec quelles mesures sanitaires.

Lou Beyne

Son confinement

Je me suis blessé au pied le 25 décembre, avant la série de Coppélia. J’ai dansé tous les spectacles avec une grosse blessure, mais sans le savoir. Je m'en suis rendu compte une fois la série terminée, en passant des examens médicaux. J’ai été arrêtée jusqu’à mi-mars. J’ai fait une grosse rééducation et préparation physique, je me sentais vraiment en forme, on avait des beaux spectacles au printemps. J’étais à bloc et vraiment motivée. J’ai repris quatre jours… et le cinquième jour la compagnie a fermé. C’était très frustrant. Le lendemain, j’ai eu une très mauvaise familiale et je suis allée chez ma grand-mère, en Auvergne. Le confinement a démarré et j’y suis restée. Cette période a donc été une accumulation de choses lourdes. Professionnellement, notre compagnie est protégée, on s’occupe bien de nous mais ça restait angoissant. Le sentiment d’inutilité a été dur pour moi. Depuis la reprise, ça va beaucoup mieux : nous nous projetons dans un futur.

Son entraînement de confinement

Cela n’a pas été facile. Les conditions matérielles jouent évidemment. Sans vrai sol, sans espace, installer une barre, pousser les meubles... J’ai eu du mal à m'approprier un endroit et ça a été frustrant. La motivation, je l’ai à peu près trouvée. Mais ça a été surtout le contact avec les autres qui m’a manqué. Heureusement que Zoom est là, d’une certaine manière, mais je trouve ça dur de ne se voir que par un petit écran et de ne plus se voir dès l’instant où l’on clique sur "Quitter la réunion". À vrai dire, j’ai hâte de ne plus utiliser cet outil !

Avec les Ballets de Monte-Carlo, nous avons eu un suivi avec pas mal d’options mais tout était facultatif. Nous avions des cours de pilates à 11h du lundi au vendredi, un entraînement physique le samedi, un cours de pointes trois fois par semaine, du yoga et du feldenkrais chaque semaine. On s’est posé la question du cours de danse mais nous avons voulu profiter de tous ces cours en ligne par les grands maîtres. Mon objectif était de garder une routine mais ça n’a pas été facile selon les jours, de se sentir suffisamment à l’aise dans son corps et dans sa tête. J’ai essayé de faire le pilates tous les jours. Alors que je n’aimais pas vraiment le yoga, je m’y suis mise pendant le confinement et ça m’a bien plus. Je prenais aussi le cours de pointes. Et j’ai pris les cours en ligne de Marc Ribaud, et sur l’appli Dancezoom avec Marcelo Gomez, Jiří Bubeníček… des cours sympas et agréables.

Une vidéo confinée

Jean-Christophe Maillot nous a suggéré l’idée de la vidéo début mai. Il n’y avait pas de règle, si ce n’est celle d’essayer d’être honnête et de montrer notre frustration. Sur les réseaux sociaux, on voit beaucoup de danseurs et danseuses s’entraîner et faire tout le cours, comme si de rien n’était, mais ce n’est pas la réalité. Nous avons une capacité d'adaptation plutôt bonne, mais ça restait très dur.


 

Son planning de rentrée

Je pense aller au studio deux à trois fois par semaine pour les cours de pointes et continuer le reste du temps avec les cours sur Zoom, pour le pilates par exemple. Tout est important à travailler en ce moment parce qu’on ne danse pas six heures par jour. J’ai essayé de continuer ma rééducation du pied, de garder ma cheville bien forte. Il y a aussi une petite appréhension du miroir. Cela fait deux mois qu’on ne s’est pas regardé dedans ! Personne ne nous a regardés en fait, j’attends d’avoir des corrections, cela va faire du bien d’entendre des retours et un regard posé sur notre travail, ce n’est pas évident d’avoir de réelles corrections sur Zoom. Alors il y a de l’appréhension, mais l’excitation de la rentrée prend le dessus !

J’habite à Nice. La réunion de rentrée a été calée pour nous éviter de prendre les transports en commun aux heures de pointes, et je vais prendre mes cours l’après-midi pour éviter les horaires les plus chargés. Nous portons un masque dès que nous sortons pour prendre le moins de risque possible. Si un danseur est contaminé, tout le monde va l’être très vite.

La mégère apprivoisée en juillet

Nous devons filmer La Mégère apprivoisée à Monaco pour France 2, mais sans public. La série était prévue tout comme la captation. En novembre dernier, à Turin, j’ai dansé le rôle de Bianca. La personnalité de ce rôle a été un peu difficile à cerner pour moi, je la cherche encore mais je l’adore. Elle est pure, sensible et douce mais peut être aussi vraiment méchante et intéressée. Un personnage dans la subtilité et un beau challenge ! On devait beaucoup danser ce ballet cette saison, j’espérais approfondir le rôle, d’autant que je le danse avec un très bon ami à moi, Lennart Radtke, ce qui est encore plus agréable. Je ne sais pas ce que je danserais en juillet, mais j’aime ce ballet. En plus de la chorégraphie que j’adore, j’apprécie énormément la sublime musique de Chostakovitch, en particulier pour le grand pas de deux, et la complicité avec les autres personnages. Ils ont tous une forte personnalité, c’est très intéressant et parfois drôle à interpréter avec les différentes distributions.

Il y a de l’appréhension, mais l’excitation de la rentrée prend le dessus !

 

 

Pour la suite, ne pas avoir de spectacle jusqu’en janvier ? J’avais très peur de ça pendant le confinement. Depuis que nous sommes rentrés, nous somme dans un état d’esprit plus optimiste et j’ai laissé ça derrière moi. On essaye de prendre toutes les précautions possibles et de pouvoir à nouveau être en scène avec notre public le plus vite possible.

 

 

Marion Gautier de Charnacé - Danseuse au Shechter II, la compagnie junior de Hofesh Shechter (danseuse au Ballet de l’Opéra de Paris en année sabbatique).

Propos recueillis par Amélie Bertrand

L’annonce du confinement

Avec la compagnie junior de Hofesh Shechter, basée à Londres, nous finissions notre période de travail et répétition, qui avait démarré fin janvier, autour de la reprise de la pièce Political Mother. Comme tout le monde, au début, on prenait cette crise sanitaire à la légère. Puis nous avons appris que notre première en Italie était annulée. Il s’agissait de deux dates, avant de passer un bon mois à Paris au Théâtre des Abbesses. Nous avons donc continué à travailler. Nous avons fait une semaine de répétitions dans un petit théâtre pour régler tous les détails techniques, avec trois générales. Tout était prêt. Le jour de la dernière, le vendredi 13 mars, 50 personnes étaient invitées. À 14h, Hofesh Shechter apprend que les dates à Paris sont annulées mais il ne nous le dit pas. C’est une fois le spectacle terminé que nous l’avons appris. On était forcément très triste et déçu. Les représentations à Paris restent la principale source de revenue pour la Junior compagnie. Mais c’était assez irréel.

Nous avions prévu de continuer à travailler avec la compagnie mais dimanche, ma mère m'a prévenue que le confinement allait être déclaré en France. J’ai appelé Hofesh Shechter, je voulais rentrer et ne pas être confinée à Londres. On a quitté notre appartement à toute vitesse, en laissant nos affaires un peu partout, c’était chaotique. Je suis rentrée à Paris mardi et me suis installée chez mon compagnon. Toutes les personnes de la troupe sont aussi rentrées chez elles. Quelques jours plus tard, le confinement était installé en Angleterre.

Marion Gautier de Charnacé

Son entraînement

Nous avons deux cours donnés par Hofesh Shechter et deux entrainements physiques par semaine. C’est plus simple de faire un entraînement contemporain qu’un cours classique chez soi, d’autant plus que les cours de Hofesh Shechter ressemblent un peu aux cours de gaga, basés sur l'improvisation et que l’on peut adapter à son environnement, même si bien sûr on a toujours envie d’un grand espace. Hofesh Shechter était lui aussi dans un petit lieu, il adaptait les exercices en fonction.

L’inquiétude financière et artistique

J’ai un contrat d’un an. Nous touchons 80 % de notre salaire payé par l’État anglais, jusqu’à juin-juillet. Pour l’instant, notre rentrée est prévue le 24 août. Beaucoup de nos spectacles sont programmés à l’automne, nous aurons de quoi danser, même si beaucoup de choses ont été annulées au printemps. Par contre, si on ne peut pas redémarrer en septembre, a priori la compagnie junior ne reprendra pas. Des aides et subventions pourraient arriver pour la troupe principale, mais on ne sait pas encore. Tous les théâtres de Londres sont dans le flou. Et puis beaucoup de choses entrent en jeu. Nous dansons beaucoup en Allemagne, en France, en Angleterre, un peu en Italie. Deux personnes de la troupe habitent aux États-Unis, une à Taiwan, Une à Singapour… Les frontières vont-elles s’ouvrir ? Tout le monde pourra-t-il rentrer ? Hofesh Shechter tient une petite compagnie, qui aujourd’hui est dans un vide financier. Il joue sa vie et 30 personnes dépendent de lui. Il vit au jour le jour et c’est ce qu’il essaye de nous transmettre.

Une année entre parenthèses

En arrivant il y a six ans à l’Opéra de Paris, je pensais être avant tout faite pour la danse classique. Puis très vite, j’ai rencontré Boris Charmatz qui m’a ouvert à pas mal de choses. J’ai ensuite travaillé avec William Forsythe et j’ai trouvé cette expérience tellement géniale que je me suis dit : "Un jour dans ma vie, je veux travailler avec un chorégraphe". L’idée était donc là très vite. La première fois que j’ai rencontré Hofesh Shechter, c’était en tant que spectatrice pour son spectacle Grand Finale. Ça a été un de mes plus beaux chocs artistique, j’avais l’impression qu’il parlait mon langage. Peu de temps après, j’ai fait un workshop avec sa compagnie pendant les vacances. Puis Hofesh Shechter est venu à l’Opéra pour monter The Art of Not Looking Back et je faisais partie de la distribution. Cette expérience a été extraordinaire. Ce chorégraphe a vraiment changé ma vie, j’ai vraiment eu l’impression de découvrir qui j’étais, en tant que personne et danseuse. J’avais l’âge pour sa compagnie junior alors fin août, j’ai passé l’audition et j’ai été prise. J’ai un contrat d’un an, durant l’année 2020. Pour la suite ? Cette année, c’était l’année pour ça, pour Hofesh Shechter. Si cette année n’existe pas… Je n’arrive pas à me projeter, je vois au jour le jour.

Hofesh Shechter tient une petite compagnie, qui aujourd’hui est dans un vide financier. Il joue sa vie et 30 personnes dépendent de lui. Il vit au jour le jour et c’est ce qu’il essaye de nous transmettre.

À l’Opéra, tout est confortable quelque part : nous sommes avec des gens qu’on connait depuis toujours, tout y est familier. Chez Hofesh Shechter, nous sommes une vingtaine d’artistes, venant de pays et de techniques différentes. Il n’a pas de studio à lui alors on passe d’un lieu à un autre : on a ainsi beaucoup travaillé dans les nouveaux locaux de l’English National Ballet, aussi au Sadler's Wells, ou dans une école de l’est de Londres. Mais ce manque de confort rapproche les gens. Chacun a son identité, on apprend à se connaître petit à petit, à se sentir. Je suis arrivée fin janvier et les deux-trois premières semaines ont été dures. Cela faisait longtemps que je n’avais pas dansé comme ça. Sa danse est basée sur les sensations, et ce qui était frustrant, c’est que je ne sentais pas ce qu’il voulait dire, alors que je savais ce que je voulais chercher. Je n’arrivais pas à retrouver mes sensations. Puis au bout de trois semaines, Hofesh Shechter est arrivé et a mis les choses en place, à corriger des choses. La pièce commençait vraiment à devenir notre pièce, je me suis sentie mieux. À la fin de ces deux mois de travail, je commençais vraiment à me sentir bien dans ce style. J’étais dans une bonne énergie qui a été coupée.

La danse de Hofesh Shechter est une danse très terrienne : il nous parle beaucoup de la relation des pieds au sol, comment se fondre dedans. La position du bassin est très mobile mais doit tendre vers le bas. Il y a aussi quelque chose de très groovy dans ses gestes. Et c’est très viscéral. Cela peut parfois être violent, il y a cette sorte de rage de vivre, cette rage dans le monde, cette colère, cette violence. Mais jamais Hofesh Shechter n’en parle avec violence.

La motivation

Ce confinement permet de réaliser à quel point la danse est importante et vitale pour nous. Cette période permet de voir où est notre motivation. Une amie a ainsi réalisé combien elle aimait la danse classique, alors qu’elle avait pu s’en éloigner. Moi, je sais que, en ne l’ayant plus, je suis vraiment attirée par la danse de Hofesh Shechter. Il y a l’envie très claire d’y retourner et j’espère que c’est ce qui primera le jour de la reprise, plutôt que la frustration de tout ce qui a été annulé et gâché.

Je me suis rendu compte à quel point j’aimais la danse, à quel point j'aimais la scène, et le confinement m’a permis de mettre des mots dessus. Mais qu’est-ce que je suis sans la danse ? Qu’est-ce que je suis sans Hofesh Shechter ? Sans l’Opéra ? Vers quoi je vais quand j’improvise ? Aujourd’hui, nous n’avons pas de spectacle : Il n’y a donc rien à prouver. Cela m’a beaucoup questionné de me retrouver face à ce vide. Tout ce qu’on fait en ce moment, on ne le fait pas pour un spectacle, on le fait pour nous.

Des idées de chorégraphe

J’ai toujours aimé improviser, ce qui amène logiquement à la création de mouvement. Après comment le mettre en scène, le faire sortir ? Le confinement est une façon d’y réfléchir. J’improvise beaucoup, je commence à avoir des idées de mouvements, je me filme, mais ça reste flou. J’y réfléchis de façon très théorique, mais l’envie de chorégraphier est là. Mais je n’arrive pas à voir la liberté d’esprit et la motivation. Je suis quelqu’un qui marche avec l’énergie qu'il y a autour de moi, celle du studio et celle des gens.

Aujourd’hui, nous n’avons pas de spectacle : Il n’y a donc rien à prouver. Cela m’a beaucoup questionné de me retrouver face à ce vide.

La danse et la distanciation sociale

J’y ai pensé. On y pense tous, on a tous envie de créer des projets. Tout s’invente, tout se réfléchit et ça pourrait être une contrainte qui pourrait créer quelque chose de beau. Mais j’ai peur d’arriver vers quelque chose au rabais. La danse, c’est une histoire de corps, de corps à corps, de corps qui projettent quelque chose. C’est l’essence de la danse. On peut tout imaginer, mais ça ne remplacera jamais l’étendue des possibles que représente la danse.

 

 

Octavie Escure - Danseuse, professeure de danse, créatrice du Fit’Ballet

Propos recueillis par Claudine Colozzi

Son état d'esprit

Je vais bien. Depuis mi-mars, je n’ai pas arrêté de danser grâce aux différents cours que j’ai mis en place. L’avantage par rapport à certain.e.s autres danseur.euse.s, c’est que j’habite à 5 mn de l’école Synopsis danse dirigée par ma mère Isabelle Vergne à Perpignan. Pendant toute la période du confinement, je me suis sentie privilégiée d’avoir accès à une salle de danse, d’avoir de l’espace, un sol adapté, la possibilité de réaliser de vraies diagonales. Des conditions idéales d’entrainement par rapport à celles et ceux qui sont contraints de faire leur barre dans leur cuisine. Je me sens en forme physiquement.

Octavie Escure

Son quotidien

Dès que les écoles de danse ont fermé, j’ai eu des demandes d’élèves pour savoir ce qui allait être mis en place. Alors tout de suite, je me suis lancée dans les cours en ligne. C’est ce qui m’a permis de rester connectée à ma discipline et de danser régulièrement. Après chaque live, je m’accordais du temps supplémentaire pour travailler mes pointes ou faire d’autres exercices. Le confinement m’a offert aussi une pause familiale. Entre mes cours à Paris et à Perpignan et mes différents engagements professionnels, mon rythme de vie est soutenu. J’ai pu profiter pleinement de mon fils âgé de 20 mois. Je crois que beaucoup de personnes se sont mis beaucoup de pression durant cette période. Je pense qu’on pouvait aussi se laisser en paix et rester sur son canapé si on le souhaitait. La situation étant déjà suffisamment exceptionnelle, inutile d’en rajouter. Autant chercher à se faire du bien.

Ses cours en ligne

Il faut bien avouer que la première fois que j’ai appuyé sur le bouton du live sur Instagram, je n’en menais pas large ! Je craignais les bugs. Et puis, c’est une chose de donner un cours dans une salle de danse et une autre d’être seule face à son écran. Mais tout s’apprend. Après huit semaines, je suis nettement plus aguerrie. Une vraie présentatrice télé ! J’ai proposé différents cours, des lives gratuits sur mon compte instagram (@octavieescure) mais aussi sur différents comptes comme celui de Repetto (@repettoparis), de Synopsis danse (@synopsis_danse) ou de Fit’Ballet Studios(@fitballet_studios). C’est très intense de donner un cours en live. En cours, on montre les exercices et puis on corrige les élèves. Là on est présent à 100%. Les sensations sont différentes. Heureusement, il y a eu un heureux concours de circonstances : la plateforme de cours en streaming de Fit’Ballet sur laquelle nous travaillions depuis plusieurs mois a été lancée juste avant le confinement. Des cours accessibles à tous grâce à un abonnement. J’ai aussi dispensé des cours privés en visioconférence avec moi ou mes Fit’Ballet coachs. Ma volonté a été que le Fit’Ballet reste accessible à tous en cette période délicate financièrement. C’est pourquoi nous avons essayé de proposer des tarifs avantageux.

Nous connaissons les mesures sanitaires à appliquer, les contraintes. Ce sera compliqué, mais j’ai déjà acheté le scotch pour le marquage au sol. Il ne manque plus que l’aval du gouvernement. Les élèves n’attendent que ça.

Le point positif

La présence sur les réseaux sociaux et les cours en ligne ont contribué au rayonnement du Fit’Ballet. L'engouement autour de ma discipline n'a jamais été aussi fort. Nous avons de nombreuses demandes d’ouverture de studios. Je vais prendre mon temps pour y répondre. Je ne souhaite pas dénaturer l’esprit du Fit’Ballet. Ceux et celles qui veulent se lancer doivent avoir impérativement une solide formation en danse classique.

La reprise des cours de danse

Nous n’avons aucune information concernant une future réouverture des écoles de danse. J’ai hâte de pouvoir reprendre le chemin des studios à Perpignan comme à Paris. Nous connaissons les mesures sanitaires à appliquer, les contraintes. Ce sera compliqué, mais j’ai déjà acheté le scotch pour le marquage au sol. Il ne manque plus que l’aval du gouvernement. Les élèves n’attendent que ça. C’est déjà difficile de se dire qu’il n’y aura pas de spectacles de fin d’année. Beaucoup d’événements ont été annulés comme la venue de professeurs russes ou un stage avec Isabelle Ciaravola. C’est le projet de toute une année qui s’est arrêté. Il y a beaucoup de déceptions chez nous professeurs et chez les élèves.

Sa vision des prochains mois

Quand la reprise va avoir lieu, il va falloir compenser les mois où nous n’avons pas travaillé, mais où les charges, les loyers ont continué de tomber. Il faudra sans doute travailler plus, rajouter des cours si nous devons dédoubler les effectifs, mais le pourrons-nous ? Mon souci se porte aussi vers les professeurs qui diffusent le Fit’Ballet. La plupart ont le statut d’auto-entrepreneurs. Les prochains mois risquent d’être difficiles. Mais mon naturel optimiste me pousse à aller de l’avant.

 



 

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